De :
Jean-Marie TENO
Cameroun, 2000
75 min
Teno traque le fantasme de modernité qui hante la société camerounaise. Décryptage acclamé dans plusieurs festivals.
VACANCES AU PAYS interroge, avec ironie parfois, la notion de développement, associée en Afrique à une modernité “tropicale” qui se résume dans la formule suivante : tout ce qui vient d’Europe est moderne et par contre tout ce qui est local est archaïque et doit disparaître.

Après les ravages de l’esclavage et de la colonisation, le continent africain est confronté à une autre sorte d’anéantissement : l’éducation qui pérennise dans les consciences un complexe d’infériorité et de dépendance vis à vis de l’Europe et établit dans la société une hiérarchie au bas de laquelle se trouve le villageois.

« J’ai entrepris de refaire le voyage que je faisais enfant pendant les vacances scolaires, de Yaoundé la grande ville vers Bandjoun, mon village. Vacances au pays donc. Au gré de mes rencontres, je tente de cerner les espoirs, les regrets et les frustrations des gens ordinaires face aux changements qui leurs sont imposés et de jeter, par-delà le fossé creusé entre citadins et villageois, des passerelles citoyennes. »

VACANCES AU PAYS est une réflexion personnelle sur l’obsession de modernité, un modèle de développement pour le moins problématique qui tourne le dos au progrès pour se conformer à n’importe quel prix à ce moule, fait de misère sans fin pour les uns et d’un contestable assistanat fort rentable pour les autres.

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