"Les Blancs sont intelligents c’est vrai... mais ils sont pas malins deh !" Introuvable pendant 20 ans, la comédie coloniale d’Henri Duparc. Exclusivité !
En 1956 avant l’indépendance africaine, dans un petit village coloré où cohabitent tradition, colonialisme, guérisseurs et médecine, la vie de tous les jours s’écoule dans une ambiance faite de politique, d’amour, de sexe et d’alcool...Kwao est un ancien combattant, qui après les déboires d’un mariage avec une femme blanche, attend depuis dix ans avec sa seconde femme l’heureux événement : un enfant...

Comme toujours chez Duparc, le casting est exceptionnel et les répliques mémorables.

On retrouve ses acteurs-fétiches, la sculpturale Naky Sy Savané et bien sûr Bakary Bamba (le demi-Dieu de Bal Poussière), en ancien combattant cynique et déluré : « J’ai fait la guerre et toi pas. J’ai baisé la femme blanche, et toi pas. Alors fait doucement ! ».

Fait rare dans un film africain, il y a aussi des stars françaises. Patrick Chesnais campe ainsi un communiste anticolonialiste dans son discours, mais insatiable coureur de jupons et de chaudes-pisses. Ou encore le regretté Jean Carmet en gouverneur picoleur (« moi je suis plutôt cognac-perrier, ça me désinfecte »), cocu comme un chef de gare, et raciste comme on n’en fait plus : « Même les allumettes ils sont pas foutu d’inventer. Dès qu’ils ont un peu d’instruction ils se lancent dans la politique ! ». Ce à quoi les Africains répondent : «  Les Blancs sont intelligents c’est vrai... mais ils sont pas malins deh ! ».
Les Libanais d’Afrique ne sont pas épargnés, entre coucheries et arnaques en tous genres : Monsieur Abdallah le commerçant réussit à liquider un stock de « la dernière mode de Paris » en une matinée au marché, et dès le lendemain la moitié des villageois arborent fièrement... un pyjama rayé !

Le film se moque avec humour des colons, de leur racisme et de leurs fantasmes sexuels sur les Noir(e)s, mais aussi du comportement des Africains entre eux et à l’égard des Blancs dans cette période où se prépare l’Indépendance : magouilles politiques, crédulité et vieilles croyances, infidélités et ragots, mimétisme et complexes de colonisés, tout y passe. 

Le film, resté totalement introuvable pendant 20 ans, ressort en hommage à Henri Duparc pour le 7ème anniversaire de sa disparition. Sortie mondiale exclusive sur AfricaFilms.tv le 18 avril 2013.